Toujours moins d’agriculteurs en France, est-ce vraiment inéluctable ?

Cette Lettre est écrite avec L’Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT) et S’Installer en Massif Central. Notre objectif est de présenter le projet TEMOIN au travers de différents regards et de rendre compte des premières analyses et avancées qui en ressortent à ce stade.

La MSA (Mutualité Sociale Agricole) est formelle et vient de le rappeler en cette fin janvier 2019 : le nombre total d’agriculteurs continue de baisser en France. Le nombre de chefs d’exploitations agricoles s’est réduit à 448 500 en 2018, il s’élevait encore à 453 000 en 2017, 462 000 en 2016. Il y a dix ans, en 2008, la France comptait 514 000 exploitations. Le pays perd entre 1.5 % et 2 % de chefs d’exploitation par an. « Les installations de nouveaux agriculteurs ne compensent toujours pas les départs, c’est systématique chaque année » a précisé un responsable de la MSA à l’AFP le 28 janvier dernier.
Les chiffres sont donc têtus et les projections ne sont guère encourageantes au regard de la pyramide des âges de la profession : il y a, année après année, toujours moins d’agriculteurs en France. Ce constat est malheureusement connu de longue date et certains territoires s’inquiètent de passer sous un seuil irréversible avec des densités agricoles devenus trop faibles pour maintenir un tissu professionnel.
Personne n’est insensible à cette situation. Organisations agricoles, acteurs des filières agro-alimentaires, élus nationaux comme locaux, habitants proches ou lointains s’en inquiètent sincèrement. Les effets d’une désertification agricole sont en effet bien connus et redoutés : déprise économique en chaîne, densification excessive des aires urbaines et fragilisation de la vie rurale, non entretien des espaces, avancée des friches et déséquilibres écologiques. Pourtant, en contre-point, nombreux sont ceux qui remarquent que le métier d’agriculteur attire de nouveau. De jeunes entrepreneurs, qu’ils soient ruraux ou urbains, souhaitent de plus en plus s’y lancer. Au Sima 2019 (Mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage), en écho à cette tendance, se tenait même le premier carrefour pour l’installation de personnes non issues de monde agricole. De nombreux jeunes issus de familles agricoles souhaitent également reprendre le flambeau pour peu que ce métier ne devienne pas un sacerdoce.

Alors faut-il se résigner et accepter ce paradoxe ?

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