La deuxième édition de la Conférence nationale des territoires (CNT) a lieu ce jeudi 14 décembre 2017 à Cahors (Lot). Cette instance, présidée par le Premier ministre, est composée de membres du Gouvernement, de représentants des collectivités territoriales, du Parlement et des organismes de concertation territoriale existants. 
Dans ce cadre l’Association Nationale des Nouvelles Ruralités publie une tribune “Osons les ruralités ! ” en lien avec 18 instances, dont Sol et Civilisation. 

 

Osons les ruralités !
Une certaine France affiche sa Révolution. Cette Révolution sera complète si elle saisit la chance que constituent pour notre pays les territoires ruraux. L’actualité de la Conférence nationale des territoires offre l’opportunité d’ouvrir et d’élargir le débat sur ce sujet. Après avoir concerné les relations entre l’État et les collectivités, cette conférence doit relever le défi des espaces non métropolitains et traduire les aspirations des ruraux.
Chiche pour une concertation exigeante, portée par des objectifs précis s’attachant directement à résorber les fractures territoriales et sociales sans se limiter aux seules mesures réparatrices ou compensatoires. Cette démarche s’appuie sur la persistance d’une France oubliée telle qu’elle ressort de la récente étude du CREDOC ainsi que les engagements du Président de la République de résorber ce sentiment de déclassement territorial d’ici à la fin du quinquennat. Il est urgent que cette politique de fond devienne perceptible par les habitants et les entrepreneurs.
Partons sans détour du potentiel des territoires ruraux formés des villes petites et moyennes, des bourgs-centres et des campagnes, soit 60% de la population et 57% des emplois. Cette réalité économique, sociale, environnementale et humaine ouvre des perspectives sur le monde de demain.
La ruralité ne constitue elle pas une chance pour notre pays dans la diversité et la spécificité de ses territoires, à accueillir les nouveaux flux démographiques générés notamment par les aspirations des français de plus en plus nombreux à sortir des concentrations urbaines ?
Mais le potentiel de la ruralité s’inscrit dans un projet de société plus global. Elle apporte des réponses aux nécessaires transitions dans lesquelles notre société est engagée: transition énergétique, de l’économie verte, de la gestion du foncier, du télétravail, de la silver économie et de la lutte contres les vulnérabilités.

Ouvrir la concertation à toute la société
Devant les maires de France, voilà quelques jours, le Président de la République a affirmé une certaine bienveillance à cette approche transversale. Nous devons donc élargir la concertation aux acteurs économiques, enseignants, chercheurs et citoyens qu’ils soient, ou non, regroupés dans des structures de développement ou des grandes associations représentatives sur le plan social ou culturel. Ceux qui pensent et vivent leur territoire doivent en dessiner son avenir partagé. La ruralité n’a que trop souffert d’une vision centralisatrice et de décisions venues d’en haut. Concrètement, nous proposons que l’ensemble des trente et une associations regroupées dans les « Voix de la ruralité », représentants plusieurs millions d’élus, de responsables et de citoyens, nourrissent par des projets concrets une vision cohérente de la France dans laquelle tous les territoires trouvent leur place.

Les voix de la Ruralité
Forum des ruralités
Pour mener ce travail, nous souhaitons recueillir les projets et les idées au travers des forums des ruralités. Nous n’opposons pas les territoires entre eux, métropoles, villes petites ou moyennes, campagnes. Nous ne confrontons pas l’urbain au rural. Nous nous ouvrons aux autres territoires européens. Nous voulons simplement que le rural soit entendu dans les actes. Et pourquoi pas que ses initiatives, trop méconnues parce qu’insuffisamment regardées, inspirent le monde de demain que nous voulons plus solidaire, plus durable. Nous considérons que la concentration ne constitue pas une réponse. Pas plus que l’organisation pyramidale.
Le Président de la République appelle à une révolution des pratiques et des organisations. Nous adhérons à cette transition ! Une réforme de la France ne se fera pas et ne réussira jamais sans l’ensemble de ses territoires. Nous souhaitons travailler avec l’État, les régions, l’Europe… tout d’abord à une réelle prise en considération des territoires ruraux et de leur potentiel et ensuite à une politique globale de long terme qui traite des causes des disparités et pas seulement des conséquences. Cet engagement avec des moyens pluriannuels doit redonner confiance, fierté et espoirs aux ruraux et aux créateurs d’initiatives. Tous ont des projets.

Ils ont collaboré :